Intérêts de la spécialité

Il existe de nombreuses raisons pour créer en France la spécialité de chirurgie buccale au niveau de la profession dentaire. Nous pouvons classer ces raisons suivants 3 rubriques : les raisons touchant à l’exercice libéral de l’activité chirurgicale, à l’université et l’enseignement, à l’activité hospitalière privée et publique.

Intérêt de la spécialité de chirurgie buccale dans l’exercice libéral

La féminisation grandissante de notre profession a beaucoup de conséquences, dont le désintéressement de l’exercice de la discipline chirurgicale, au profit des soins conservateurs de l’adulte et de l’enfant. Nos consoeurs délèguent, souvent, quand elles le peuvent, la partie chirurgicale dépassant l’extraction simple.

Les règles d’hygiène et d’asepsie pour l’exercice de la chirurgie buccale lourde et de la chirurgie implantaire nécessitent un plateau technique et du personnel qualifié, qu’il est difficile de réunir pour un omnipraticien (confère protocole hygiène asepsie du conseil national de l’ordre).

Dans l’exercice exclusif de la chirurgie buccale, la partie réservée à la consultation préopératoire constitue 25 à 30 % de la durée hebdomadaire de travail. La rémunération de cet acte au prix de C est insuffisante et nécessite la cotation d’un Cs.

Actuellement, la spécialité de chirurgie buccale n’existe pas. Tout docteur en chirurgie dentaire peut s’installer en exercice exclusif sans aucun contrôle de sa compétence chirurgicale, acquise après la fin du second cycle. Si la spécialité existait, l’inscription sur la liste des spécialistes qualifiés en chirurgie buccale du conseil de l’ordre, serait soumise à l’évaluation de sa qualification. Ce qui donnerait une garantie pour les patients et pour les correspondants.

Intérêt de la spécialité en chirurgie buccale au niveau universitaire

La reconnaissance de la spécialité de chirurgie buccale permettrait d’augmenter l’audience de la sous section au sein de l’odontologie et de la médecine universitaire et hospitalière. La création de la spécialité dynamiserait le DESCB (ou l’internat qualifiant), car celui-ci aurait une finalité débouchant vers un exercice de spécialiste hospitalier ou libéral.

Le statut de service hospitalier validant la qualification, permettrait la création du service ou d’unité fonctionnelle de chirurgie ambulatoire et d’hospitalisation au sein des CHRU. L’intégration et la médicalisation de l’odontologie au sein de l’hôpital en serait accélérée.

La spécialité reconnue, l’harmonisation européenne de l’enseignement odontologique, tant au niveau du doctorat en chirurgie dentaire qu’au niveau de l’enseignement de la spécialité serait facilité. L’application des directives européennes sur l’enseignement donné aux spécialistes de l’art dentaire, serait applicables et les échanges inter-universitaires européens fructueux, notamment en chirurgie buccale.

Intérêt de la spécialité sur l’activité hospitalière privée et publique

Depuis la fin de CES de stomatologie et malgré la création du DES de stomatologie, le remplacement des médecins stomatologistes partant à la retraite se fait difficilement, tant au niveau libéral que hospitalier. La création de la spécialité permettrait aux stomatologistes de vendre leur « clientèle chirurgicale  » et leurs parts de sociétés des cliniques où il exercent aux odontologistes spécialistes qualifiés en chirurgie buccale.

Au niveau hospitalier, le poste de médecin stomatologiste pourrait être repris par un odontologiste spécialiste en chirurgie buccale. Il y aurait ainsi une nouvelle promotion de notre profession, au sein des centres hospitaliers généraux, au côté de l’odontologie polyvalente existant déjà.

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